La disparition brusque de Mohamed Labdi interpelle notre conscience par ces moments de tristesse

La disparition brusque de Mohamed Labdi interpelle notre conscience par ces moments de tristesse

Mohamed Labdi s’est éteint le mercredi 25 avril 2018, à l’âge de 71 ans, alors qu’il n’a pas eu le temps de profiter pleinement de sa récente retraite bien méritée.

D’abord ancien élève de l’école normale d’Oran, feu Mohamed Labdi  a commencé sa carrière professionnelle comme enseignant au niveau de l’éducation nationale. A la création  de l’ITA (Institut technologique de l’agriculture) de Mostaganem, il passa le concours qu’il décrocha pour sortir  4 ans plus tard avec le titre d’ingénieur en agronomie. Il consacra alors l’essentiel de son existence et de sa carrière à la recherche agronomique. Il est d’abord cadre à la station expérimentale de l’ITGC (Institut Technique des Grandes Cultures) qu’il dirigea pendant plusieurs années,  avant de rejoindre l’INRAA comme chercheur  à la direction régionale de Sidi Bel Abbès, et ce, jusqu’à sa retraite tout en maintenant une activité d’enseignant associé au niveau de certaines universités de l’Ouest du pays.

Mohamed Labdi au cours de sa carrière universitaire et professionnelle se montra un chercheur chevronné, au point d’endurer beaucoup de déplacements très souvent avec sa famille pour sillonner des contrées lointaines notamment le continent de l’Amérique du Nord dans le cadre de son diplôme de Master, rejoindre encore la France à Paris et  Montpellier pour son DAA puis sa thèse de Doctorat, en passant par le Centre International de l’ICARDA  à Alep (Syrie) dans le cadre de ses recherches.

Mohamed Labdi, chercheur très passionné, en plus de l’intérêt qu’il a porté sur les céréales en générale comme relaté  par son ami Said Mouas, ce sont surtout les légumineuses et en particulier le pois chiche auquel il s’est intéressé le plus pour s’intéresser à résoudre le principal facteur menaçant du rendement de cette culture, à savoir l’anthracnose. Feu Mohamed Labdi est donc connu comme étant  Monsieur Pois chiche et le spécialiste principal de cette culture : l’anthracnose à laquelle il a consacré l’essentiel de ses recherches et ses publications. Sur ce thème plus d’une dizaine de publications à l’occasion de rencontres nationales et internationales entre 1990 et 2004 ont été réalisées. Depuis, plus d’une quinzaine d’autres publications dans différentes revues internationales ont été à son actif, ce qui témoigne de sa riche production scientifique.

A la création des laboratoires nationaux de recherche par la Direction Générale de la Recherche Scientifique et du Développement Technologique en 2001, Feu Mohamed Labdi a été membre fondateur très actif du Laboratoire de Phytopathologie et Biologie Moléculaire de l’ENSA El Harrach (ex. INA), au sein de l’équipe des légumineuses alimentaires. Nous lui rendons hommage pour sa précieuse contribution.

Sur le plan humain et personnalité, tous ceux qui ont eu à le côtoyer à titre amical ou professionnel,  ils ont gardé de feu Mohamed Labdi, le souvenir de quelqu’un de très généreux, disponible à aider tout le monde sans attendre de retour et très attentif aux autres. Il accomplissait ses tâches avec une grande conscience et abnégation. C’était aussi une personne très simple par sa modestie, très  sincère et d’une gentillesse exemplaire.

Que Dieu le tout puissant lui accorde miséricorde et l’accueil en son vaste paradis. Il méritait une attention particulière.

Rahimahou Allahoua  Ina lillahi wa ina ileyhi radjioune.

Il restera vivant dans le cœur de ceux qui l’ont connu.

Pr. Zouaoui BOUZNAD / ENSA d’ALGER